Deux astronautes vont passer 6h30 à l'extérieur de l'ISS : \"On ne sort pas dans l'espace pour le plaisir\

Économie Jul 1, 2026

Cette image de la NASA,prise le 17 avril 2015,montre le bras canadien,Canadarm,s'étendant pour saisir le vaisseau Dragon de SpaceX. (AFP PHOTO / HANDOUT / NASA)

C'est en mai 2026,lors d'opérations de routine menées par un bras articulé et motorisé de plus de 17 mètres de long,que le problème a été détecté. "On s'est rendu compte que le bras ne bougeait pas comme d'habitude",explique Bill Spetch l'un des responsables de la maintenance à la NASA. Après inspection,la cause a été trouvée : un joint d'articulation présentait quelques signes de faiblesse.

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C'est donc cette grosse pièce,pesant sur Terre plus de 90 kg,dont un double est disponible à bord,que les deux astronautes américains désignés pour cette mission vont devoir changer,mardi 30 juin. Un travail qui s'annonce long et fatigant : six heures et demie pour déplacer,démonter le bras et faire la réparation. Le tout,dans un scaphandre rigide,peu pratique et impossible à enfiler seul. Les autres membres de l'équipage,dont la Française Sophie Adenot,seront chargés de les assister pour l'habillement et le déshabillement ainsi que pour assurer leur sécurité depuis l'intérieur de la station.

franceinfo : Une sortie en scaphandre d'une durée de six heures trente,est-ce que c'est fréquent ?

Benjamin Peter : Ce n'est pas si fréquent. On ne sort jamais dans l'espace pour le plaisir. On le fait toujours parce qu'il y a une nécessité. Donc effectivement,c'est plutôt rare. C'est la deuxième sortie de ce type pour cet équipage du Crew 12,auquel appartient Sophie Adenot. Ce sont déjà Jessica Meir et Christopher Williams,les deux Américains,qui avaient effectué une première sortie extravéhiculaire en mars 2026 pour une autre opération. On le fait donc rarement parce qu'il y a beaucoup de procédures.

"C'est dangereux,il y a donc tout un cahier des charges à suivre. On ne le fait pas à n'importe quel moment juste pour le plaisir de voir la Terre depuis l'extérieur de la station."

Benjamin Peter,responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'Espace à Toulousefranceinfo

L'équipement des astronautes n'est visiblement pas très souple,on est encore obligé de revêtir des tenues extrêmement lourdes pour ce type de sorties ?

Aujourd'hui,c'est le scaphandre américain EMU qui va être utilisé. Il existe aussi le scaphandre russe Orlan,mais c'est toujours à peu près le même type de technologie. C'est très rigide et c'est difficile de bouger dedans. On est également obligé de préparer les astronautes quelques heures avant pour enlever le plus possible d'azote dans leur corps parce que si l'on avait exactement la même pression que sur Terre,ce serait impossible pour eux de bouger.

Un peu comme pour se préparer à une plongée,on leur fait respirer de l'oxygène pur. Ils vont également avoir de l'oxygène pur dans leur scaphandre pour qu'ils soient moins rigides et qu'ils puissent se déplacer plus facilement. C'est très contraignant,c'est très difficile et il faut savoir que sur ces 6h30,ils vont dépenser une énergie qui est à peu près l'équivalent de celle dépensée lors d'un marathon.

Cette sortie nécessite beaucoup de mesures de sécurité. Les astronautes sont-ils physiquement reliés à l'ISS ?

Les astronautes possèdent une liaison radio,et ils sont reliés par une ligne de vie,un peu comme à l'accrobranche. Ils s'accrochent systématiquement à la station avec l'aide de filins qui les aident à progresser. Il y a également des échelons qui sont installés à l'extérieur de la station. Un peu comme sur la station MIR (l'ancêtre de l'ISS),présente à la Cité de l'Espace et qui est un peu similaire.

Il y a également ce fameux bras robotique qui,en principe,permet aux astronautes de s'installer dessus. Ils peuvent s'accrocher au niveau des pieds et être aidés par leurs collègues à l'intérieur de la station,qui vont les amener à un endroit qui peut être utile. Comme il est actuellement en panne,il faut donc le réparer le plus rapidement possible.

Le Canadarm,ce bras qui est en panne,est-ce que c'est un signe supplémentaire de la vétusté de l'ISS puisqu'on nous dit qu'elle approche de sa fin de vie ?

Effectivement,ce bras est installé depuis 2001,donc il a fêté ses 25 ans tout comme l'ISS en novembre. C'est vrai qu'il y a une vétusté qui s'accumule au niveau de la station et il y a une volonté de désorbiter l'ISS à l'horizon 2030 et de la remplacer par de nouvelles stations privées.

"C'est vrai que l'on sent qu'il y a de la vétusté,il y a également eu les problèmes de fuites à bord des modules russes,qui continuent de s'accumuler."

Benjamin Peter,responsable de l'actualité spatiale à la Cité de l'Espace à Toulousefranceinfo

Mais pour ce qui est du Canadarm,le bras canadien,il y a des modules de rechange présents dans l'ISS,il est pensé pour être remplacé régulièrement. Il y avait déjà en 2002 un Français,Philippe Perrin,qui avait remplacé une articulation. Cela fait partie de la vie de ce bras de pouvoir changer ainsi ses éléments.

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