L’autorité de régulation des assureurs s’est aperçue que la mutuelle Just attendait que ses assurés se manifestent pour les rembourser. Elle a appelé tous les assurés actuels et passés de Just à vérifier leur prise en charge.

Au siège de la mutuelle Just,à Valenciennes (Hauts-de-France),le 27 décembre 2016. THOMAS LO PRESTI / « LA VOIX DU NORD » / MAXPPP La mutuelle Just,organisme basé à Valenciennes (Hauts-de-France),a été mise en demeure par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR),le gendarme des assureurs,qui a annoncé,mardi 24 mars,avoir relevé des « défaillances » dans le processus de remboursement de ses assurés.
L’ACPR s’est aperçue que la mutuelle Just ne traitait pas automatiquement les demandes de remboursement télétransmises,attendant que les assurés se manifestent. Dans certains cas,cela l’a conduite à considérer la demande de remboursement comme trop tardive et à refuser « de manière erronée » la prise en charge,explique l’autorité de régulation dans un communiqué.
En théorie,lorsqu’un assuré a activé la télétransmission et qu’il donne sa carte Vitale à un médecin ou un pharmacien,sa complémentaire santé reçoit automatiquement une demande de remboursement du reste à charge en cas de tiers payant partiel ou de dépassement d’honoraires. Charge à elle de rembourser selon les conditions du contrat de l’assuré,qui n’a normalement aucune démarche à effectuer.
Mardi soir,la Fédération nationale de l’innovation mutualiste (FNIM),dont est membre Just,a exprimé sa « grave préoccupation quant aux conditions » de la communication de l’ACPR. Celle-ci survient « dans le cadre d’une procédure de mise en demeure en cours,laquelle s’inscrit,par nature,dans un processus contradictoire et susceptible de recours »,fait valoir la FNIM,qui représente les mutuelles indépendantes. « A ce stade,les faits relevés ne peuvent être regardés comme définitivement établis »,estime la fédération,alertant sur le risque de « sanction réputationnelle anticipée » que représente,selon elle,la publication de l’ACPR.
« La protection des assurés,qui constitue une priorité majeure et partagée par toutes nos mutuelles,ne saurait justifier des modalités de communication susceptibles de fragiliser de manière irréversible la réputation d’un organisme avant même l’achèvement de la procédure »,insiste la FNIM. « Elle appelle en conséquence à une vigilance accrue quant aux pratiques de publication en cours de procédure,et se réserve la possibilité d’examiner l’ensemble des voies de droit permettant de garantir le respect des principes fondamentaux applicables »,poursuit-elle.
